25 Giugno 2020

Rapporto del Kantor Center dell’Università di Tel-Aviv rivela che la pandemia Covid19 è stata vettore di antisemitismo a livello globale

Data:

25/06/2020

Fonte:

https://cicad.ch/fr/la-covid-19-attise-une-vague-mondiale-d%E2%80%99antis%C3%A9mitisme-disent-les-chercheurs?mc_cid=edf77bf9cb&mc_eid=0bc4155879#overlay-context=fr

Autore:

Kantor Center

La Covid19 attise une vague mondiale dantisémitisme disent les chercheurs

Selon un think-tank de l’université de Tel Aviv, les théories accusant les Juifs et Israël de la pandémie se propagent.

Un rapport qui a été publié mardi par un groupe de recherche de l’université de Tel Aviv a révélé que la pandémie de coronavirus était devenue vectrice d’une vague d’une intensité exceptionnelle d’antisémitisme et de propagande anti-sioniste accusant les Juifs, Israël ou les deux d’être à l’origine du virus ou d’en tirer avantage.

La pandémie « a libéré une vague mondiale unique d’antisémitisme », ont déclaré les chercheurs du centre Kantor, de l’université de Tel Aviv.

« La nouvelle vague d’antisémitisme comprend une gamme de calomnies qui présentent toutes un élément commun : celui que les Juifs, les sionistes et/ou l’état d’Israël sont les responsables de la pandémie ou qu’ils en tirent un avantage ou un autre », écrivent-ils dans leur rapport.

Les chercheurs soulignent aussi les ressentiments antisémites chez ceux qui considèrent le virus comme une punition divine des Juifs, ainsi que l’iconographie relative à la Shoah qui est utilisée par ceux qui protestent contre les restrictions entraînées par le confinement.

Cette étude est la dernière à pointer une hausse de l’antisémitisme à un moment où le virus a jeté son ombre sur presque tous les aspects de la vie et dans le monde entier, les Juifs étant accusés de l’avoir créé ou d’avoir refusé de se soumettre aux règles de distanciation sociale et d’hygiène. Une étude récente de l’université d’Oxford a établi que 19,1 % du public, en Grande-Bretagne, croient, à un certain degré, que ce sont les Juifs qui ont causé l’épidémie de coronavirus.

Au mois d’avril, le centre Kantor avait tiré la sonnette d’alarme face à une augmentation de la haine anti-juive, directement liée au virus, lors de la publication d’une étude sur les incidents antisémites au cours de l’année 2019.

Le rapport diffusé mardi s’est basé sur des preuves de l’expression de sentiments anti-juifs exprimés dans les forums publics du monde entier.

Les Juifs ne sont pas seuls à ressentir une haine croissante. Les chercheurs notent ainsi un renforcement de la xénophobie alors que les pays ont fermé leurs frontières et l’essor de théories du complot, certaines avancées par l’administration américaine, qui attribuent la responsabilité de la propagation du virus à la Chine.

Mais les auteurs de l’étude notent que l’antisémitisme affiché aujourd’hui relève des tropes préexistants qui ont marqué la haine anti-juive à travers les siècles, reflétant « un fort niveau d’anxiété et de crainte dans de nombreuses populations ».

« Ce nouveau type d’antisémitisme, qui répète partiellement des thématiques antisémites classiques, comprend des théories du complot accompagnées de calomnies du sang de l’époque médiévale qui font leur réapparition aujourd’hui sous une forme propre au 21e siècle », dit le rapport.

« Ces thématiques communes perpétuent les accusations antisémites des générations précédentes et issues d’autres catastrophes globales en présentant, encore une fois, une image bien connue des Juifs », écrit la professeure Dina Porat, cheffe du Centre Kantor, dans un communiqué.

Un dessin montre un soldat israélien et un policier américain se soutenant l’un l’autre en s’appuyant avec force sur un Palestinien et un Afro-américain, les étouffant (Capture d’écran Al-Hayat al-Jadida screenshot via l’université de Tel Aviv)

Les auteurs du rapport précisent que leurs conclusions se sont basées sur des exemples de matériels antisémites trouvés par un réseau de chercheurs du monde entier, qui ont été ensuite rassemblés et analysés par le centre.

Selon le rapport, ces éléments sont majoritairement propagés par les extrémistes de droite, les chrétiens ultra-conservateurs et les islamistes. Un volume significatif d’antisémitisme provient des Etats-Unis et des pays du Moyen-Orient, comme l’Iran, la Turquie ou l’Autorité palestinienne.

Les suprématistes blancs américains et les chrétiens ultra-conservateurs reprochent aux Juifs et en particulier à la communauté ultra-orthodoxe d’avoir aidé à propager le virus, accusés de ne pas s’être soumis aux règles de confinement et d’hygiène visant à réduire sa propagation.

« Quand les Juifs sont finalement contaminés par le virus – c’est parce qu’ils ont rejeté les enseignements de Jésus christ et qu’ils l’ont crucifié », écrivent les chercheurs.

Au Moyen-Orient, ce sont Israël, le sionisme et les services de renseignement du Mossad qui sont blâmés. Une interprétation moderne du faux des « Protocoles des sages de Sion » attribue aux Juifs la propagation de la COVID-19 dans le but de saper l’économie et la société, et laisse entendre qu’ils s’attendent à faire des bénéfices en préparant un vaccin et en trouvant un médicament contre la maladie.

Israël et l’armée israélienne sont régulièrement accusés de laisser délibérément se propager le virus parmi les Palestiniens, en particulier parmi les prisonniers détenus par Israël. Le rapport note que, jusqu’à présent, une seule personne est morte des suites de la COVID-19 au sein de l’Autorité palestinienne et dans la bande de Gaza.

Les conspirationnistes iraniens et turcs affirment que les sionistes et les Etats-Unis ont laissé s’échapper le virus dans le but de tuer des milliers de musulmans. Autre interprétation musulmane, la maladie serait une punition de Dieu des mécréants.

En Amérique du sud, la propagande antisémite et antisioniste relative au virus est relayée sur les chaînes de télévision hispanophones, fait remarquer le rapport.

Un autre aspect de l’antisémitisme lié au virus est dans la dénaturation de la terminologie l’associant à la Shoah.

« Les restrictions mises en place dans le cadre des politiques anti-pandémies sont comparées aux politiques du régime nazi : Le confinement est ainsi comparé aux ghettos et son terme est comparé au slogan Arbeit Macht Frei [le travail rend libre] qui apparaît à l’entrée d’Auschwitz », écrivent les chercheurs.

« Le mot ‘non-vacciné’ remplace les ‘Juifs’ sur l’étoile jaune portée par les manifestants qui protestent contre les politiques de vaccination, suggérant que ceux qui n’ont pas été vaccinés sont comme les Juifs persécutés dans l’Allemagne nazie, et que ceux qui sont en désaccord avec les opposants au vaccin sont comme des propagateurs du virus – comme les Juifs », continue le rapport.

Le phénomène visant à utiliser l’étoile jaune dans le mouvement de protestation anti-confinement est devenu tellement prégnant que son usage a été interdit à Munich.

La phrase « Holocough » (un jeu de mot entre Holocauste et cough – la toux) s’est propagée sur les réseaux sociaux, explique le rapport.

Le meurtre récent de George Floyd à Minneapolis alors qu’il se trouvait en état d’arrestation s’est incorporé dans le discours anti-israélien, les activistes affirmant que les forces de police américaines sont racistes et brutales parce qu’elles ont été formées par la police israélienne.

Les Afro-américains sont également dépeints comme partageant un destin commun avec les Palestiniens.

« Les catastrophes universelles ont déjà, dans le passé, été attribuées aux Juifs et à Israël, provoquant l’essor du discours antisémite – avec les théories du complot attribuant à Israël la responsabilité du 11 septembre, ou de fausses informations portant sur le prélèvement d’organes, par l’armée israélienne, effectués sur des dépouilles de Palestiniens », écrit le chercheur Quer. « La vague de haine antijuive actuelle est toutefois sans précédent parce qu’elle s’est propagée plus rapidement sur les réseaux sociaux, elle s’est focalisée d’abord sur la COVID-19 puis elle a rapidement pris une autre tournure en raison des changements sociaux et politiques. »

« Seulement quelques jours se sont passés entre la crise du coronavirus et la crise sociale liée au racisme aux Etats-Unis, mais le discours antisémite reste aussi féroce, ses partisans adaptant simplement leurs narratifs aux changements de contextes sociaux », ajoute-t-il.