13 Maggio 2016

Alcuni delegati stranieri hanno fatto appello al jihad armato durante l’ultimo congresso dell’UOIF (Union des Organisations Islamiques de France) a Parigi

Uoif_congresso

Fonte:

Figarovox - www.lefigaro.fr

Congrès de l’UOIF : «Certains invités étrangers ont appelé au djihad armé»

Le Figaro : La 33e Rencontre annuelle des musulmans de France organisée par l’UOIF s’est déroulée ce week-end. Quel est l’enjeu d’une telle manifestation? Pourquoi ce rassemblement est-il autant controversé?

Mohamed Louizi : Six mois jour pour jour après les attentats du vendredi 13 novembre 2015 à Paris, le 33ème RAMF (Rassemblement Annuel des Musulmans de France), organisé par les Frères Musulmans de l’UOIF (Union des Organisations Islamiques de France) ouvre ses portes au parc d’exposition à Paris-le-Bourget à Seine-Saint-Denis. Il se déroulera sur quatre jours. Le thème choisi cette année est: «Ensemble, construisons l’avenir». Le programme a été communiqué très tardivement ainsi que la liste des intervenants. Je me souviens que le programme du RAMN de l’UOIF à Lille Grand Palais était connu plusieurs semaines avant le 7 février. Soit. Concernant l’enjeu de cette manifestation, qui rassemble des dizaines de milliers de personnes, et le choix du thème «Ensemble», le président de l’UOIF Amar Lasfar, le justifie en disant: «C’est notre réponse à la radicalisation».

La Rencontre annuelle des musulmans du Nord à Lille en février dernier avait suscité la polémique. Certains des invités prêchaient ouvertement le djihad. Les conférenciers invités sont-ils cette fois compatible avec les valeurs de la République et de la France?

M.L. Effectivement Amar Lasfar avait tenté d’inviter dans son fief à Lille, lors du 9ème RAMN organisé le 7 février dernier, trois islamistes sulfureux issus de la frérosphère internationale: un Marocain, un Saoudien et un Syrien. Les positions radicales de ces personnes concernaient l’appel au djihad armé, l’appel à tuer les apostats et les homosexuels ainsi que des propos anti-juifs et anti-Israël. Alerté, le Ministère de l’Intérieur avait adressé un avertissement sans précédent à l’UOIF, habituée a sous-traité la radicalisation à des internationaux. Ces radicaux internationaux ont été déprogrammé au grand dam d’Amar Lasfar. Mais ce dernier ne semble pas avoir retenu la leçon. Car le 28 mars 2016, une affiche annonçait sa conférence commune à côté du célèbre imam salafiste brestois Rachid Abou Houdeyfa, à la mosquée des Trois-ponts à Roubaix. Le thème de la conférence était: «L’Union dans la diversité». Lorsque j’avais dénoncé cette conférence sur ma page Facebook, Amar Lasfar s’est retiré et s’est fait remplacer, in extremis, par l’imam frère musulman de Villeneuve d’Ascq Ahmed Miktar. Des quotidiens régionaux ont rendu compte de cette rencontre frérosalafiste. Depuis, l’on apprend qu’une enquête judiciaire vise Rachid Abou Houdeyfa.

L’on s’attend à ce que l’UOIF revoie ses programmations et fasse attention à ceux qu’elle invite pour animer ses activités. La vérité est tout autre. Derrière le slogan de la lutte contre la radicalisation, l’UOIF continue à inviter des internationaux au discours plus qu’ambigu . Lorsque vous analysez attentivement la liste des intervenants, quelques noms posent problème. J’en cite deux:

Le premier est un Soudanais de renommée internationale. Il s’appelle Issam Al-Bachir, résolument frérosalafiste, jihadiste, pro-Hamas et contre l’existence d’Israël. Il occupe le poste de secrétaire général adjoint de l’UISM (Union internationale des savants musulmans) que préside Youssef Al-Qaradawi. Il figure parmi les signataires d’un communiqué, à côté de 106 sommités islamistes et frérosalafistes, à l’échelle internationale appelant, entre autres, à la rébellion contre le régime syrien, encourageant la désertion, et interdisant, via une fatwa, aux forces de la police et de l’armée syrienne de continuer à travailler sous les ordres de Bachar Al-Assad. Une année plus tard, en juin 2013, il a signé le communiqué d’appel au djihad armé en Syrie. Ce qui avait assuré une couverture religieuse et motivé des candidats des quatre coins de la planète pour rejoindre les milices frérosalafistes pour faire le jihad en Syrie. L’on connaît désormais la suite. C’est un idéologue qui ne reconnaît pas Israël et qui a appelé en 2014 à libérer toute la Palestine: «de la Mer jusqu’au Jourdain» disait-il.

Le deuxième est Omar Abdelkafy, d’origine égyptienne mais interdit de résidence en Égypte. Mais depuis que ce pays a mis les Frères Musulmans et l’UOIF, entre autres, sur sa liste des groupes terroristes en novembre 2014, j’ignore où il réside actuellement. Mais ce que je n’ignore pas, ce sont ses positions radicales au sujet du voile dit islamique, au sujet des juifs et du complot. Dans une vidéo il dit: «La femme qui sort les cheveux découverts au vu de tout le monde, celle-là aura commis un péché qui mérite le châtiment de la tombe et le châtiment au jour du jugement dernier». Dans une autre vidéo, il explique comment les «juifs sont maudits» et «exclus éternellement de la miséricorde d’Allah». Quant aux attentats de Charlie Hebdo, ce prédicateur plaide l’innocence des jihadistes islamistes et accuse un «deuxième complot», «une deuxième mise en scène». La première «mise en scène», selon lui, ce sont «les attentats du 11 septembre 2001»… Lire l’intégralité.

Que cela dit-il de L’UOIF?

M.L. L’UOIF persiste et signe malheureusement. Car au-delà de ces radicaux internationaux, il y en a d’autres qui résident en France et en Europe et qui activent d’autres leviers pernicieux (victimisation, communautarisation…) combinés à d’autres facteurs sociaux économiques, voire politiques, cela encourage la rupture généralisée et ouvre l’horizon sur l’inconnu. Parmi ces intervenants, l’on peut citer: Tariq Ramadan, Nabil Ennasri, Hassan Iquioussen ainsi que d’autres. Comme d’habitude, vous trouverez d’autres intervenants plutôt sympathiques, d’autres universitaires respectables mais qui font le jeu de l’UOIF, consciemment ou inconsciemment. Il lui apporte in fine ce gage de «fréquentabilité» que cherchent les Frères Musulmans. L’UOIF se sait surveillée, ou presque, elle fait semblant de faire profil bas mais les constances sont les constances. Face à l’absence de la fermeté de l’Etat, sachant que la France est toujours en état d’urgence, elle impose son calendrier, son discours, ses leaders et tente de s’imposer en maîtresse du temps musulman et de l’espace républicain.